tasses de thé en vac

Thé vert et thé noir : propriétés, avantages et risques

Introduction

Le thé est la boisson la plus consommée au monde après l’eau et l’une des plus anciennes boissons connues (les premières mentions remontent à 2700 avant J.-C.) . Les Chinois ont été les premiers à apprécier son goût et ses bienfaits, suivis par les Japonais, tandis qu’en Europe, le thé est apparu au 15e siècle, apporté par des commerçants portugais de retour d’Orient. Au XVIIe siècle, il fait son apparition dans les salons anglais, où il devient rapidement une tradition si forte qu’il gagne le titre de boisson nationale.

Aujourd’hui, il est disponible en six variétés principales (mais il existe d’innombrables sous-types), qui diffèrent par le processus de fermentation que subissent les feuilles.

Le thé ne peut être produit que dans des conditions agro-environnementales très spécifiques, caractéristiques des climats tropicaux et sub-tropicaux (la Chine, le Sri-Lanka et l’Inde sont les principaux producteurs).

Selon le rapport 2018 de la FAO, la consommation et la production de thé dans le monde ne cessent d’augmenter et devraient conserver la même tendance au cours de la prochaine décennie, principalement en raison de la demande croissante des pays en développement. Les plus gros consommateurs des principaux pays producteurs de thé, la Chine et l’Inde, semblent également être des jeunes, qui recherchent des produits « à la mode » (tels que des thés fins et de qualité), mais sont également de plus en plus préoccupés par l’origine et le développement durable. Mais curieusement, souligne le même rapport, les pays européens traditionnellement importateurs, à l’exception de l’Italie et de l’Allemagne, ont vu leur consommation baisser : au Royaume-Uni, le thé serait même en passe d’être supplanté par le café !

La production mondiale de thé noir devrait augmenter de 2,2 % par an au cours de la prochaine décennie et celle de thé vert à un rythme encore plus rapide de 7,5 % par an.

Le rapport de la FAO souligne que cette tendance mondiale croissante est le résultat d’une sensibilisation accrue aux propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes de la boisson, et que ses avantages en matière de santé et de bien-être devraient être les principaux moteurs de la croissance de la demande à l’avenir.

tasse de thé anglaise

Classification

Le thé est obtenu à partir des feuilles du Camellia Sinensis, une plante cultivée depuis des temps très anciens en Inde, en Chine et au Japon.

La distinction la plus simple entre les différents types de thé est celle faite sur la base de la fermentation des feuilles, qui distingue trois grandes catégories :

les thés fermentés (noirs), dont on laisse les feuilles s’oxyder et acquérir la couleur foncée caractéristique,
le thé non fermenté (vert), dont les feuilles sont traitées par la chaleur pour éviter l’oxydation et restent donc vertes,
thé semi-fermenté (oolong) avec un degré d’oxydation intermédiaire.
Une classification plus complète est celle qui est encore adoptée en Chine, qui distingue six types de thé :

Thé noir/rouge : selon la classification chinoise des couleurs, les thés rouges sont ce que nous appelons communément en Occident les thés noirs et sont ceux obtenus à partir de feuilles séchées qui ont été complètement oxydées après la récolte. C’est la variété de thé la plus riche en caféine : une tasse de thé noir (150 ml) contient entre 40 et 100 mg de caféine, à égalité avec un espresso (80 mg).


Thé vert : Défini comme « non fermenté », le thé vert est infusé à partir de feuilles traitées par chaleur sèche (typique des thés verts chinois) ou humide (typique des thés verts japonais). La chaleur inactive les enzymes responsables de l’oxydation et permet ainsi aux feuilles de sécher tout en conservant leur couleur verte. Par rapport au thé noir, il est moins riche en caféine mais plus riche en antioxydants, dont le plus abondant est l’épigallocatéchine 3-gallate (EGCG), considéré comme responsable des principaux bienfaits attribués au thé vert.


Oolong ou thé bleu : c’est un thé semi-fermenté, dont les feuilles ne sont que partiellement oxydées. Selon le degré d’oxydation, on obtient des thés aux caractéristiques organoleptiques et à la coloration bien définies.


Thé blanc : Autrefois réservé à la cour impériale, c’est une spécialité très rare, non surfermentée, originaire de Chine. Les bourgeons (dans les thés blancs les plus fins) ou les jeunes feuilles sont laissés à l’air libre pendant une longue période après la récolte. Lorsque le niveau de flétrissement souhaité est atteint, les bourgeons et les feuilles sont séchés et emballés, prêts à être utilisés.


Thé jaune : Il s’agit d’une variante du thé vert, qui ajoute une phase de « jaunissement » aux feuilles par une légère oxydation. Il est produit en quantités limitées dans certaines régions de Chine.


Le thé noir fermenté Pu-ehr : selon la classification chinoise, les thés noirs sont ceux dont les feuilles subissent un processus de fermentation après avoir été récoltées – et prennent donc une couleur très foncée. Les thés les plus fins sont vieillis pendant au moins 5 ans avant d’être commercialisés.

Propriétés et bénéfices

Le thé est utilisé en Orient depuis des centaines d’années pour traiter diverses maladies.

Si nous jetons un coup d’œil à la littérature scientifique, nous trouvons des études sur les applications thérapeutiques les plus diverses du thé. Les articles concernent principalement le thé noir et le thé vert, les deux thés les plus consommés dans le monde. Parmi les effets les plus étudiés figurent :

  • une augmentation de la concentration et des performances mentales
  • le traitement des maux de tête et de la migraine
  • l’activité antioxydante
  • effet amincissant
  • effet hypolipidémique
  • la prévention de l’athérosclérose
  • la prévention des maladies cardiaques
  • la prévention des accidents vasculaires cérébraux
  • la prévention de la maladie de Parkinson
  • réduction du risque d’ostéoporose
  • réduire le risque de développer un cancer

Nombre de ces études ne sont que des études d’observation ou sont incomplètes

  • parce qu’elles sont menées à petite échelle
  • parce qu’il n’y a pas de groupe de contrôle placebo
  • et en raison d’autres défauts méthodologiques

Les résultats sont toutefois encourageants, à tel point qu’il est certainement intéressant de poursuivre les recherches sur le sujet.

Les preuves les plus prometteuses à ce jour concernent:

  • une augmentation de la performance mentale
  • la prévention des maladies cardiaques (par la réduction des facteurs de risque tels que la pression artérielle, l’hypercholestérolémie, la rigidité de la paroi des vaisseaux sanguins)
  • la prévention de la maladie de Parkinson (en raison de la teneur en caféine, comme on en trouve également dans le café).

L’un des principaux composants du thé vert, le gallate d’épigallocatéchine (EGCG), a fait l’objet de nombreuses études sur ses éventuels effets protecteurs contre les maladies cardiaques et certains types de cancer.

L’EGCG est un composé polyphénolique, une catégorie de molécules dont l’effet antioxydant est connu depuis longtemps dans la littérature : la prévention du stress oxydatif et des dommages à l’ADN expliquerait l’effet préventif du thé sur le développement des tumeurs.

L’effet préventif du thé (en particulier du thé vert) sur le cancer a été démontré dans des modèles expérimentaux sur différents types de cancer, mais les études épidémiologiques fournissent encore des données contradictoires. De plus, la limite inhérente aux études épidémiologiques est qu’elles impliquent trop de variables difficiles à isoler :

  • mode de vie,
  • une prédisposition génétique,
  • l’importance de la consommation de thé..

Il existe des études cliniques sur l’effet préventif du thé contre certains cancers, mais elles sont malheureusement encore trop limitées ; le mécanisme par lequel l’action anti-tumorale s’exerce n’est pas encore clair.

Effets secondaires et contre-indications

Lorsqu’il est consommé en tant que boisson à des doses modérées, le thé est considéré comme relativement sûr chez les adultes en bonne santé.

À des doses excessives, des réactions indésirables dues à la teneur en caféine peuvent survenir, comme par exemple :

  • mal de tête
  • la nervosité
  • l’insomnie
  • nausées, vomissements, diarrhée
  • arythmies cardiaques
  • des tremblements

Peut-on boire du thé pendant la grossesse ?

La prudence est recommandée, comme toujours, pendant la grossesse et l’allaitement, compte tenu de la teneur en caféine (très variable selon la variété consommée et la méthode d’infusion).

Interactions

On a constaté que le thé vert réduisait les taux sanguins (et donc l’efficacité) du Nadolol, un bêta-bloquant utilisé pour traiter l’hypertension artérielle.

Il est également contre-indiqué en cas de traitement anticancéreux par Bortezomib, car les catéchines du thé vert se lient aux molécules du médicament, les empêchant de se fixer aux cellules cancéreuses.

Interactions alimentaires

Selon certaines recherches, le thé noir peut interférer avec l’absorption du fer. Si vous souffrez d’une carence en cet élément, il est recommandé de boire le thé en dehors des repas afin de ne pas nuire à son absorption.

L’ajout de lait au thé noir semble réduire son effet cardioprotecteur, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer cette affirmation.

Questions fréquemment posées

Le thé fait-il maigrir ?

La consommation habituelle de la boisson peut en effet induire un effet modeste de réduction du poids corporel, mais celui-ci est considéré comme insignifiant en termes quantitatifs.

Du thé avec du lait ou du citron ?

Un groupe de chercheurs allemands a publié une étude sur l’effet protecteur du thé noir, avec ou sans ajout de lait, sur la paroi endothéliale (le revêtement interne de nos artères). L’étude a été réalisée sur un nombre limité d’individus, mais le résultat n’en est pas moins remarquable (et soutenu par des tests in vitro) :

l’ajout de lait au thé inhibe complètement l’effet protecteur de ce dernier (voir figure ci-dessous).

Le coupable semble être la caséine, qui est susceptible d’inhiber l’activité protectrice des flavonoïdes, ce qui explique pourquoi l’effet négatif n’est pas détecté en ajoutant, par exemple, du lait de soja (de manière similaire à ce que nous avons vu avec le latte macchiato).

En ce qui concerne l’ajout de citron, l’effet le plus significatif est observé avec le thé vert et le thé blanc, c’est-à-dire le thé non fermenté. Selon une recherche américaine de 2007, l’ajout de citron augmente significativement la biodisponibilité des catéchines antioxydantes (EGCG) – et encore plus dans le thé blanc que dans le thé vert, augmentant ainsi potentiellement l’effet protecteur.

thé au citron

Caféine ou théine ?

Les deux termes étant synonymes, on peut affirmer sans risque que le thé contient de la caféine (à l’exception du thé décaféiné).

Cependant, la quantité contenue dans une tasse de thé varie fortement en fonction de la variété consommée, mais son effet dépend également de la façon dont il est infusé (température et durée) :

  • une infusion courte (environ 2 minutes) extrait principalement la caféine des feuilles de thé, ce qui donne surtout un effet stimulant
  • Une infusion plus longue (3 à 5 minutes) extrait également l’acide tannique, une molécule qui limite l’effet de la caféine (et rend le goût plus amer).
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